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Guide livres de famillechrétienne.fr : Rendez moi ma fille

Mardi 06 mars - 10h24

Rendez-moi ma fille est le témoignage poignant d’une mère de 34 ans qui se bat avec acharnement pour récupérer sa fille, âgée aujourd’hui de 10 ans et qu’elle n’a pas vue depuis trois ans, retenue par son père en Arabie saoudite.

L’histoire est emblématique. Elle commence en 1997 comme un conte de fées. Une jeune Française de 20 ans, Candice Cohen-Ahnine, d’une famille juive aisée, part en vacances à Londres avec une amie. Là-bas, elle rencontre Saddam, très séduisant, mystérieux, intelligent, prévenant, charismatique… un gentleman. Surprise ! C’est un vrai prince, membre de la famille royale saoudienne. Ils vont tomber follement amoureux. Au début, Candice reste lucide. Tout les sépare : elle est française, juive, d’origine modeste, il est saoudien, musulman et prince. Mais il sait se montrer persuasif. Et lui révèle un secret familial explosif : sa grand-mère, syrienne, était juive, et comme on est juif par les femmes… il est juif !

Ainsi débute leur liaison, que Saddam jure de faire déboucher sur un mariage. Le rêve doré – Saddam est très riche – dure un an sans nuages, entre Paris, Londres et Le Caire. Saddam veut un enfant. Mais quand Candice, folle de joie, lui annonce qu’elle est enceinte, tout bascule dans le cauchemar. Ce n’est pas le moment, lui dit froidement son prince charmant, en lui intimant de ne pas garder l’enfant. Désespérée, elle fait une tentative de suicide. Arrivé à temps, il profite de son inconscience pour la faire avorter. Cet acte inqualifiable brise leur couple qui alternera dix ans entre déchirements, parfois violences, séparations, réconciliations et lunes de miel, telle la naissance de leur fille Haya (« la vivante » en hébreu), en 2001.

Cette tragique histoire passionnelle fait apparaître l’aveuglement de Candice et l’emprise de Saddam grâce à une véritable culture du mensonge. Mensonge qui tient d’abord à sa personnalité : c’est un oiseau de nuit, en boîte chaque soir, rarement couché avant 6 h du matin, levé après 14 h, un amoureux égocentrique et macho, immature, incapable de changer ses habitudes pour s’occuper d’un « foyer », un homme aux sincérités successives pour qui le mensonge est une seconde nature. Il parle de mariage à la synagogue (bien sûr impossible !), il organisera un jour un faux mariage musulman…

Mensonge qui tient ensuite au poids du clan familial et royal, car les Al Saoud contrôlent tout. Wardha sa mère (son père est mort) est très possessive et manipulatrice. Comme prince, Saddam touche une confortable rente mensuelle, mais assortie d’une obligation de « pointer » tous les deux mois, en Arabie saoudite, auprès du roi. S’il voyage autant, c’est pour signer des contrats liés au pétrole, dit-il. En réalité, il est trafiquant d’armes de guerre. Obligé par le clan d’épouser une cousine, il compte garder Candice comme maîtresse. Elle s’y refuse absolument : s’il se marie, elle le quitte, mais il pourra voir sa fille en France autant qu’il le veut.

Mensonge lié aussi à l’argent et au pouvoir. Il affirme à Candice que son mariage n’est pour lui qu’un mariage de papier, mais il le considère en réalité comme un « ascenseur social », car sa future épouse est l’une des nombreuses filles du roi.

Mensonge lié à l’islam, enfin. En Arabie saoudite, tout culte religieux non musulman est interdit (sauf en privé), et la présence de personnes de confession juive, proscrite. De plus, un musulman peut mentir dès qu’il perçoit un danger pour lui-même ou sa religion ! Ainsi, à la naissance d’Haya, Candice découvre que le fameux secret, la judéité cachée de Saddam, était un énorme bobard, destiné à la conquérir.

En septembre 2008, Candice commet une très lourde erreur : elle accepte d’emmener sa fille en Arabie saoudite pour qu’elle voie son père qu’elle adore. C’est un piège de Saddam pour récupérer Haya. Séparée de sa fille, enfermée, maltraitée, Candice pose un problème diplomatique, et risquant la peine de mort, est exfiltrée par le Quai d’Orsay en juin 2009. Seule ! Le 12 janvier dernier, le tribunal de grande instance de Paris lui a accordé l’autorité parentale exclusive sur sa fille. S’il ne rend pas Haya, Saddam risque un mandat d’arrêt international. Mais l’affaire reste pour l’instant au point mort.

Marie-Catherine d’Hausen

http://www.famillechretienne.fr/livres/litterature/temoignages/rendez-moi-ma-fille_c6_s264_ss272_d64348.html